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El Niño 2026 : suivi en direct

Dernière semaine mesurée : 7 octobre 2026 · données NOAA relevées le 12 octobre 2026

El Niño fort en cours

Anomalie Niño 3.4 de la semaine +3,3 °C Eau de surface à 30,0 °C au centre du Pacifique équatorial
  • +2,16 °CONI JAS 2026moyenne sur 3 mois
  • +1,69 °CRONI JAS 2026indice officiel NOAA
  • +5,2 °CNiño 1+2côtes du Pérou
  • −2,0SOI septembre 2026oscillation australe
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Anomalie de température de surface de la mer en région Niño 3.4, semaine par semaine.

Bulletin NOAA du 8 octobre 2026

El Niño continue de se renforcer. Un épisode fort à très fort est probable jusqu’en janvier-mars 2027 (plus de 83 % de chances). Prochain bulletin le 12 novembre 2026.

Source : Climate Prediction Center (NOAA), statut « El Niño Advisory »

Un épisode historique ?

La NOAA estime à 83 % la probabilité que le RONI d’octobre-décembre atteigne +2,5 °C, un niveau jamais vu depuis 1950.

Probabilités du bulletin du 8 octobre 2026

Prévision des modèles

Les 22 modèles suivis par l’IRI prévoient un renforcement. El Niño est donné à 100 % jusqu’en février 2027, à 61 % vers le milieu de 2027.

Source : IRI, université Columbia, 21 septembre 2026

El Niño est le réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental, qui revient tous les deux à sept ans et dérègle les pluies et les températures d’une grande partie du globe. Un épisode El Niño très fort est en cours en 2026 : cette page suit son évolution chaque semaine à partir des données officielles de la NOAA.

Où en est El Niño cette semaine ?

Pour la semaine centrée sur le 7 octobre 2026, la température de surface de la mer dans la région Niño 3.4, au cœur du Pacifique équatorial, dépasse la normale de +3,3 °C. Le seuil d’El Niño est fixé à +0,5 °C : il est franchi depuis le printemps 2026 et l’écart n’a cessé de grandir depuis. Près des côtes du Pérou et de l’Équateur (région Niño 1+2), l’anomalie atteint +5,2 °C.

Une semaine chaude ne suffit pas à faire un épisode. Les climatologues regardent la moyenne sur trois mois, l’indice ONI : il vaut +2,16 °C pour juillet-août-septembre 2026. Le RONI, l’indice relatif que la NOAA utilise depuis février 2026 pour annoncer officiellement El Niño et La Niña, vaut +1,69 °C sur la même période. Côté atmosphère, l’indice d’oscillation australe (SOI) est à −2,0 en septembre 2026 : une valeur négative signifie que la pression baisse à Tahiti et monte à Darwin, en Australie, la signature d’alizés affaiblis.

Le bulletin mensuel du Climate Prediction Center de la NOAA, publié le 8 octobre 2026, parle d’un El Niño qui « continue de se renforcer », avec des anomalies supérieures à +4 °C par endroits dans le Pacifique est et des eaux plus chaudes de plus de 10 °C que la normale en profondeur. Ce réservoir de chaleur sous la surface alimente l’épisode pour les mois à venir.

El Niño, c’est quoi ? La réponse courte

En temps normal, les alizés soufflent d’est en ouest le long de l’équateur et poussent les eaux chaudes de surface vers l’Indonésie et l’Australie. Au large du Pérou, des eaux froides et riches en nutriments remontent des profondeurs. Pendant El Niño, les alizés faiblissent, l’eau chaude reflue vers l’est et s’étale sur le Pacifique central et oriental. Les grandes zones de pluie tropicale se déplacent avec elle, et ce déplacement modifie la circulation de l’atmosphère jusqu’aux latitudes moyennes.

Le nom vient des pêcheurs péruviens, qui appelaient « El Niño » (l’Enfant Jésus) le courant chaud apparaissant certaines années vers Noël. Son opposé, le refroidissement de la même zone, s’appelle La Niña. Les deux forment avec l’oscillation australe un même système couplé océan-atmosphère, l’ENSO. Pour le mécanisme complet, schémas à l’appui, lisez notre explication du phénomène El Niño.

Comment lire ce tableau de bord

  • Niño 3.4 (hebdomadaire) : l’anomalie de température de surface de la mer entre 5° nord et 5° sud, de 170° à 120° ouest. C’est la mesure la plus réactive, publiée chaque lundi par la NOAA. Le détail par région est sur la page Niño 3.4 et zones Niño.
  • ONI : la même anomalie lissée sur trois mois. Un épisode El Niño est retenu quand l’ONI reste à +0,5 °C ou plus pendant cinq saisons glissantes consécutives.
  • RONI : l’ONI corrigé du réchauffement moyen des tropiques. Plus juste pour comparer des épisodes d’époques différentes, il est aujourd’hui l’indice officiel de la NOAA.
  • SOI : la différence de pression standardisée entre Tahiti et Darwin. Négatif et durable, il confirme que l’atmosphère répond à l’océan.
  • Comparer : superpose l’ONI de 2026 à celui des grands épisodes passés, mois par mois, pour voir si l’épisode actuel est en avance ou en retard sur eux.

Les cellules et les barres sont colorées selon l’intensité : orange pour El Niño (faible à partir de +0,5 °C, modéré à +1, fort à +1,5, très fort à +2), bleu pour La Niña. Tous les indices, leurs sources et leurs limites sont décrits sur la page indices El Niño.

El Niño 2026 face aux épisodes historiques

Depuis 1950, la NOAA a enregistré 22 épisodes El Niño complets. Seuls trois ont dépassé +2 °C d’ONI, le seuil de ce que les médias appellent un super El Niño : 1982-1983 (pic à +2,14 °C), 1997-1998 (+2,37 °C) et 2015-2016 (+2,59 °C).

Avec +2,16 °C pour juillet-septembre 2026, l’épisode actuel a déjà dépassé le pic de 1982-1983 alors que la saison de maximum habituelle, de novembre à janvier, n’a pas commencé. À la même saison, l’ONI valait +0,99 °C en 1982, +1,79 °C en 1997 et +1,73 °C en 2015. Le RONI, qui retire le réchauffement général des tropiques, tempère un peu cette comparaison (+1,69 °C), mais reste au niveau d’un épisode fort. La liste complète des années El Niño donne le pic, la durée et l’intensité de chaque épisode.

Bouton « Comparer » du graphique : sélectionnez 1997-98 et 2015-16 pour voir l’écart avec les deux plus grands épisodes, saison par saison.

Quelles conséquences attendre d’ici au printemps 2027 ?

Un El Niño ne provoque pas d’événement précis : il modifie les probabilités. Plus l’épisode est fort, plus ces tendances ont de chances de se manifester. Celles qui reviennent le plus régulièrement pendant l’hiver boréal sont :

Ces effets se répercutent sur l’agriculture, la pêche et les prix de certaines matières premières, détaillés dans El Niño, agriculture et économie. La vue d’ensemble, région par région, se trouve dans le dossier conséquences d’El Niño.

Et en France ?

La France métropolitaine est loin du Pacifique et l’influence d’El Niño y est faible : un hiver doux, froid, sec ou pluvieux reste possible quelle que soit la phase de l’ENSO. Quelques études relèvent des tendances en fin d’hiver, mais elles sont trop ténues pour prévoir la météo d’une saison. Les territoires d’outre-mer du Pacifique, eux, sont directement concernés. Ce que l’on sait, et ce que l’on ne sait pas, est expliqué sur la page El Niño en France et en Europe.

Quand cet épisode va-t-il se terminer ?

Un épisode El Niño dure en général de 9 à 12 mois : il naît au printemps, culmine entre novembre et janvier et décline au printemps suivant. Après les épisodes très forts de 1997-1998 et de 2015-2016, l’ONI est passé sous zéro au cours de l’année suivante, et La Niña s’est installée dès 1998. Rien ne garantit la même séquence en 2027. Les probabilités des modèles et leur fiabilité sont détaillées sur la page prévisions El Niño 2027.

Questions fréquentes

El Niño est-il en cours en ce moment ?

Oui. La température du Pacifique équatorial dépasse le seuil d’El Niño depuis le printemps 2026, et le bulletin de la NOAA du 8 octobre 2026 (statut « El Niño Advisory ») décrit un épisode qui continue de se renforcer, fort à très fort, probablement jusqu’en janvier-mars 2027. Les chiffres de la semaine sont en haut de cette page.

El Niño 2026 est-il le plus fort jamais mesuré ?

Pas encore officiellement. Pour la saison juillet-septembre 2026, l’indice ONI (+2,16 °C) dépasse déjà le pic de l’épisode 1982-1983 (+2,14 °C) mais reste sous ceux de 1997-1998 (+2,37 °C) et de 2015-2016 (+2,59 °C). Le pic d’un El Niño survient en général entre novembre et janvier : la NOAA estimait le 8 octobre à 83 % la probabilité d’un épisode historique pour octobre-décembre.

Quand El Niño 2026 va-t-il se terminer ?

Les épisodes El Niño culminent en fin d’année et s’affaiblissent au printemps suivant. L’IRI donnait le 21 septembre 2026 une probabilité d’El Niño de 100 % jusqu’en février 2027, puis de 61 % vers le milieu de 2027. Les prévisions au-delà du printemps restent incertaines. Le détail est sur la page prévisions El Niño 2027.

Quelle différence entre l’ONI et le RONI ?

L’ONI est l’anomalie de température de surface de la mer dans la région Niño 3.4, moyennée sur trois mois. Le RONI, indice officiel de la NOAA depuis le 1er février 2026, retire de cette anomalie le réchauffement moyen de l’ensemble des tropiques : il mesure le contraste qui pilote vraiment l’atmosphère. Le RONI est donc plus bas que l’ONI quand tous les océans tropicaux sont chauds, comme en 2026.

El Niño aura-t-il un effet sur l’hiver en France ?

Peu, et de façon incertaine. L’influence d’El Niño est nette sous les tropiques et autour du Pacifique, mais faible en Europe, où d’autres facteurs dominent (oscillation nord-atlantique, vortex polaire). Consultez la page El Niño en France et en Europe.

D’où viennent les chiffres de ce tableau de bord ?

Du Climate Prediction Center de la NOAA, l’agence américaine qui publie les indices de référence : anomalies hebdomadaires (OISST v2.1), ONI, RONI et indice d’oscillation australe. Ces données sont du domaine public ; elles sont recopiées ici telles quelles, sans retouche.