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Indice El Niño : comment on mesure et suit le phénomène

L'indice El Niño de référence est l'anomalie de température de surface de la mer dans la région Niño 3.4, au centre du Pacifique équatorial, moyennée sur trois mois : l'ONI, et depuis février 2026 sa version relative, le RONI. Pour la saison juillet-août-septembre 2026, le RONI vaut +1,69 °C : la phase est « El Niño », d'intensité fort.

Sommaire
  1. Les chiffres du moment
  2. Qu'est-ce qu'un indice El Niño ?
  3. Niño 3.4 : la zone de référence
  4. ONI et RONI : pourquoi une moyenne sur trois mois
  5. Les seuils : ±0,5 °C et cinq saisons
  6. Le SOI : la mesure côté atmosphère
  7. Sous la surface : bouées, flotteurs et satellites
  8. Qui publie quoi, et quand
  9. Comment lire le tableau de bord de la page d'accueil
  10. Et la suite ? Les prévisions
  11. Questions fréquentes

Ces chiffres ne tombent pas du ciel. Ils résultent de mesures faites par des satellites, des navires, des bouées ancrées et des flotteurs dérivants, compilées par la NOAA américaine et par d'autres centres. Cette page explique ce que mesure chaque indice, quels seuils séparent El Niño, La Niña et la phase neutre, qui publie les bulletins et quand, puis comment lire le tableau de bord El Niño mis à jour chaque semaine.

Les chiffres du moment

Ces valeurs se mettent à jour automatiquement avec les dernières données de la NOAA (mise à jour du 12 octobre 2026).

IndicateurDernière valeurPériodeCe qu'il mesure
Niño 3.4 hebdomadaire+3,3 °Csemaine du 7 octobre 2026anomalie de température de surface au centre du Pacifique équatorial
Température réelle en Niño 3.430,0 °Csemaine du 7 octobre 2026température de l'eau de surface, sans soustraire la normale
ONI+2,16 °Cjuillet-août-septembre 2026moyenne sur trois mois de l'anomalie Niño 3.4
RONI (indice officiel NOAA)+1,69 °Cjuillet-août-septembre 2026même calcul, relatif aux océans tropicaux
SOI (NOAA, standardisé)−2,0septembre 2026écart de pression entre Tahiti et Darwin

Qu'est-ce qu'un indice El Niño ?

El Niño est un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental, couplé à un affaiblissement des alizés. Pour le suivre, on ne regarde pas la température de l'océan Pacifique en valeur absolue, mais son anomalie de température : l'écart par rapport à la moyenne de la même période de l'année, calculée sur 30 ans. Une eau à 29 °C en septembre peut être banale à l'ouest du Pacifique et exceptionnelle au centre, d'où l'intérêt de raisonner en écarts.

Un indice El Niño résume cet écart en un seul nombre, calculé sur une zone précise et sur une durée fixe. Les indices océaniques (Niño 3.4, ONI, RONI) mesurent la chaleur de l'eau. Les indices atmosphériques (SOI) mesurent la réponse de l'air, car El Niño n'existe vraiment que si l'océan et l'atmosphère réagissent ensemble. Le mécanisme est détaillé dans notre guide pour comprendre El Niño.

Niño 3.4 : la zone de référence

Les océanographes ont découpé le Pacifique équatorial en quatre boîtes : Niño 1+2 le long des côtes du Pérou et de l'Équateur, Niño 3 à l'est, Niño 4 à l'ouest de la ligne de changement de date, et Niño 3.4 à cheval sur Niño 3 et Niño 4, entre 5° N et 5° S et entre 170° O et 120° O. C'est cette dernière qui sert de référence internationale, parce que ses variations de température sont celles qui modifient le plus les pluies tropicales et la circulation atmosphérique.

Les coordonnées de chaque zone, leur rôle (El Niño côtier, El Niño du Pacifique central) et les 12 dernières semaines de mesures sont sur la page Niño 3.4 et les quatre régions Niño.

ONI et RONI : pourquoi une moyenne sur trois mois

Une semaine chaude ne fait pas un épisode. L'ONI (Oceanic Niño Index) lisse les variations en faisant la moyenne de trois mois consécutifs d'anomalies Niño 3.4 : décembre-janvier-février, puis janvier-février-mars, et ainsi de suite. Chaque valeur porte le nom de sa « saison » glissante. La normale utilisée est une période de 30 ans centrée, mise à jour tous les 5 ans, pour suivre le climat qui change.

Ce recalage ne suffit plus. Les océans tropicaux se réchauffent dans leur ensemble, et une partie de l'anomalie de Niño 3.4 n'a alors rien à voir avec El Niño. Le RONI (Relative Oceanic Niño Index) corrige ce biais : il soustrait à l'anomalie Niño 3.4 l'anomalie moyenne de toute la ceinture tropicale (20° N-20° S), puis remet le résultat à la même amplitude que l'ONI. Le Climate Prediction Center de la NOAA l'utilise pour la surveillance et la prévision officielles depuis le 1er février 2026, avec deux justifications : le RONI dépend moins de la période de référence choisie, et il suit mieux les anomalies de pluie et de vent liées à El Niño.

En 2026, l'écart entre les deux est net : l'ONI de juillet-août-septembre 2026 vaut +2,16 °C, le RONI de juillet-août-septembre 2026 +1,69 °C. Le tableau complet depuis 1950, la méthode de calcul et les épisodes reclassés figurent sur la page de l'indice ONI et du RONI.

Les seuils : ±0,5 °C et cinq saisons

La NOAA applique la même règle à l'ONI hier et au RONI aujourd'hui :

  1. Seuil chaudUne saison à +0,5 °C ou plus correspond à des conditions El Niño.
  2. Seuil froidUne saison à −0,5 °C ou moins correspond à des conditions La Niña. Entre les deux, la phase est dite neutre.
  3. DuréePour inscrire un épisode dans l'historique, il faut au moins cinq saisons glissantes consécutives au-delà du seuil.
  4. CouplageEn temps réel, le Climate Prediction Center ne déclare des conditions El Niño que si l'anomalie mensuelle dépasse +0,5 °C, que l'atmosphère réagit (vents, pluies, pression) et que la situation devrait durer.

Pour parler d'intensité, l'usage le plus répandu découpe le pic de l'indice par tranches de 0,5 °C : faible (de 0,5 à 0,9 °C), modéré (1,0 à 1,4), fort (1,5 à 1,9), très fort (2,0 ou plus). Ces classes ne sont pas une définition officielle unique, mais elles servent à comparer les épisodes de l'historique des années El Niño et La Niña. Dans son bulletin du 8 octobre 2026, la NOAA a ajouté un repère : un RONI sur trois mois de +2,5 °C ou plus dépasserait tous les épisodes connus depuis 1950.

Une anomalie est un écart, pas une température. Un Niño 3.4 à +3 °C ne veut pas dire que l'eau est à 3 °C, mais qu'elle est 3 °C plus chaude que la normale de la saison.

Le SOI : la mesure côté atmosphère

L'indice d'oscillation australe (SOI, pour Southern Oscillation Index) compare la pression atmosphérique au niveau de la mer à Tahiti, au centre du Pacifique Sud, et à Darwin, au nord de l'Australie. En temps normal, la pression est plus forte à Tahiti, ce qui entretient les alizés. Pendant El Niño, l'écart se réduit ou s'inverse et le SOI devient négatif ; pendant La Niña, il devient positif.

Deux échelles circulent. La NOAA publie un SOI standardisé, en général compris entre −3 et +3 (−2,0 en septembre 2026). Le Bureau of Meteorology australien utilise une échelle environ dix fois plus large, où une valeur durablement inférieure à −7 signale El Niño : l'IRI cite par exemple un SOI d'août 2026 de −14,6 sur cette échelle. Le lien entre l'océan et la pression est expliqué dans le guide sur l'ENSO et l'oscillation australe.

Sous la surface : bouées, flotteurs et satellites

La surface ne raconte qu'une partie de l'histoire. Avant qu'un El Niño apparaisse en surface, une masse d'eau chaude traverse souvent le Pacifique en profondeur, d'ouest en est, et creuse la thermocline (la limite entre eaux chaudes de surface et eaux froides profondes). Le rôle des alizés et de cette thermocline est décrit dans la page sur la circulation de Walker.

  • Les bouées TAO/TRITON : plusieurs dizaines de bouées ancrées de part et d'autre de l'équateur, géré par la NOAA et, pour la partie ouest (TRITON), par l'agence japonaise JAMSTEC. Elles mesurent la température de l'eau jusqu'à plusieurs centaines de mètres, le vent et l'air, et transmettent leurs données par satellite.
  • Les flotteurs Argo : plusieurs milliers d'instruments dérivants dans tous les océans, qui plongent jusqu'à 2 000 m environ tous les dix jours puis remontent en mesurant température et salinité.
  • Les satellites : capteurs infrarouges et micro-ondes pour la température de surface, altimètres pour la hauteur de la mer (une eau plus chaude se dilate et élève le niveau), diffusiomètres pour le vent.

Le Climate Prediction Center en tire un indice de chaleur sous la surface, moyenné entre 180° et 100° O. Le 8 octobre 2026, il signalait des eaux supérieures de plus de 10 °C à la normale en profondeur dans le Pacifique est.

Qui publie quoi, et quand

OrganismePublicationRythmeParticularité
NOAA Climate Prediction Center (États-Unis)ENSO Diagnostic Discussion, statut d'alerte, probabilitésmensuel, le 2e jeudi ; conditions océaniques chaque lundiréférence la plus citée ; RONI officiel depuis février 2026
IRI, Columbia University (États-Unis)synthèse de plus de vingt modèles de prévisionmensueldonne les probabilités saison par saison sur neuf mois
Bureau of Meteorology (Australie)mises à jour des facteurs climatiquesrégulierseuils plus exigeants : ±0,8 °C sur Niño 3.4 relatif, SOI ±7
Organisation météorologique mondiale (OMM)El Niño/La Niña Updatetous les quelques moisconsensus des centres mondiaux, avec un bulletin climatique saisonnier
Météo-Franceprévisions saisonnières et dossiers d'actualitémensuel pour les prévisionstraduit la situation pour la France et l'outre-mer

Le statut du Climate Prediction Center suit une échelle simple : « El Niño Watch » ou « La Niña Watch » quand un épisode devient probable, « Advisory » quand il est en cours, « Final Advisory » quand il se termine. Le bulletin du 8 octobre 2026 était au statut « El Niño Advisory », et le suivant est prévu le 12 novembre 2026.

Les seuils différents expliquent pourquoi l'Australie déclare parfois un épisode plus tard que les États-Unis, ou pas du tout. Aucun seuil n'est fixé au niveau international. Quand deux médias annoncent des dates différentes, vérifiez d'abord quel organisme ils citent.

Comment lire le tableau de bord de la page d'accueil

Le suivi El Niño en direct reprend ces indices dans l'ordre où ils réagissent :

  1. La phase du momentElle est déduite du dernier RONI, comme le fait la NOAA : El Niño, La Niña ou neutre, avec son intensité.
  2. Le Niño 3.4 de la semaineC'est le chiffre le plus réactif. Il varie d'une semaine à l'autre et annonce l'évolution des moyennes sur trois mois.
  3. L'ONI et le RONIIls arrivent une fois par mois, au début du mois suivant la saison mesurée. L'écart entre les deux indique la part du réchauffement général des tropiques.
  4. Le SOIUn SOI nettement négatif confirme que l'atmosphère accompagne le réchauffement de l'océan.
  5. Le comparateur d'épisodesIl place l'épisode en cours à côté des grands épisodes passés, pour juger de sa force et de son rythme.

Les données sont reprises telles que la NOAA les publie. Les dernières valeurs de l'ONI peuvent encore être corrigées dans les deux mois qui suivent : la NOAA les considère comme des estimations.

Et la suite ? Les prévisions

Les indices décrivent le présent ; les modèles de prévision projettent leur évolution sur plusieurs mois, sous forme de probabilités. Le pic attendu fin 2026, la fin probable de l'épisode et la possibilité d'une La Niña ensuite sont détaillés sur la page des prévisions El Niño 2027. Les effets attendus d'un épisode, eux, varient selon les régions : voir les conséquences d'El Niño dans le monde.

Nos sources et notre méthode de calcul des épisodes sont présentées sur la page À propos et sources.

Questions fréquentes

Quel est l'indice El Niño officiel ?

Pour la NOAA américaine, c'est le RONI (Relative Oceanic Niño Index) depuis le 1er février 2026 : la moyenne sur trois mois de l'anomalie de température de surface de la mer en région Niño 3.4, diminuée de l'anomalie moyenne des océans tropicaux. L'ancien ONI reste publié chaque mois. Le Bureau of Meteorology australien et d'autres services ont leurs propres seuils.

À partir de quelle valeur parle-t-on d'El Niño ?

La NOAA retient +0,5 °C ou plus sur la moyenne de trois mois pour El Niño, et −0,5 °C ou moins pour La Niña. Pour classer un épisode dans l'historique, il faut au moins cinq saisons consécutives au-delà du seuil. Le Bureau of Meteorology australien utilise un seuil plus élevé, ±0,8 °C.

Qu'est-ce qu'une anomalie de température de l'océan ?

C'est l'écart entre la température observée et la moyenne de la même période de l'année sur une période de référence de 30 ans (1991-2020 aujourd'hui). Une anomalie de +2 °C signifie que l'eau est 2 °C plus chaude que d'habitude à cette date, pas qu'elle est à 2 °C.

Quand la NOAA publie-t-elle son bulletin El Niño ?

Le Climate Prediction Center publie sa discussion diagnostique ENSO une fois par mois, le deuxième jeudi, et met à jour les conditions océaniques chaque lundi. Le bulletin suivant celui du 8 octobre 2026 est prévu le 12 novembre 2026.

Pourquoi l'ONI et le RONI ne donnent-ils pas la même valeur ?

L'ONI compare la région Niño 3.4 à sa propre moyenne sur 30 ans, alors que le RONI la compare au reste des océans tropicaux. Quand toute la ceinture tropicale est plus chaude que la normale, comme en 2026, l'ONI est plus élevé que le RONI.

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Mis à jour le 12 octobre 2026