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Années La Niña : tous les épisodes depuis 1950

Les années La Niña sont celles où le Pacifique équatorial reste plus froid que la normale d'au moins 0,5 °C pendant cinq saisons de suite. Depuis 1950, l'indice ONI de la NOAA en compte 20, souvent enchaînés sur deux ou trois hivers, comme lors de la triple La Niña de 2020-2023.

Sommaire
  1. La liste des années La Niña depuis 1950
  2. Comment une année La Niña est repérée
  3. Fréquence : La Niña revient par séries
  4. Les triples La Niña : 1973-1976, 1998-2001, 2020-2023
  5. Autres épisodes marquants
  6. 2024-2025 et 2025-2026 : La Niña pour la NOAA, pas pour l'ONI
  7. Une année La Niña est-elle une année fraîche ?
  8. La Niña face aux grands El Niño
  9. Questions fréquentes

Vous trouverez ici la liste complète, la façon dont ces épisodes sont repérés, leur fréquence réelle et les séries les plus marquantes, avec leurs conséquences documentées. Pour le phénomène lui-même (vents, remontée d'eaux froides, effets types), lisez d'abord notre explication de La Niña. Le pendant chaud de cette page est l'historique des années El Niño.

La liste des années La Niña depuis 1950

Chaque ligne donne la première et la dernière saison sous le seuil, la durée en saisons glissantes de trois mois, la valeur la plus basse de l'ONI (le « pic » de froid), la saison où il a été atteint, l'intensité correspondante et la valeur extrême du RONI, l'indice relatif sur lequel la NOAA s'appuie officiellement depuis février 2026.

Épisodes La Niña depuis 1950 d'après l'ONI de la NOAA (au moins 5 saisons consécutives à −0,5 °C ou moins)
ÉpisodeSaisonsDuréePic ONISaison du picIntensitéPic RONI
2021-2023ASO 2021 → DJF 202317−0,91OND 2021faible−1,46 (modéré)
2020-2021ASO 2020 → MAM 20218−1,11OND 2020modéré−1,46 (modéré)
2017-2018OND 2017 → FMA 20185−0,76NDJ 2017faible−0,96 (faible)
2011-2012JAS 2011 → JFM 20127−1,02OND 2011modéré−1,63 (fort)
2010-2011MJJ 2010 → AMJ 201112−1,57OND 2010fort−1,63 (fort)
2008-2009OND 2008 → FMA 20095−0,89DJF 2009faible−1,73 (fort)
2007-2008JAS 2007 → MJJ 200811−1,76DJF 2008fort−1,73 (fort)
2005-2006OND 2005 → FMA 20065−0,86DJF 2006faible−0,90 (faible)
2000-2001SON 2000 → JFM 20015−0,78NDJ 2000faible−1,61 (fort)
1998-2000JJA 1998 → MJJ 200024−1,53NDJ 1999fort−1,61 (fort)
1995-1996JAS 1995 → FMA 19968−1,05OND 1995modéré−1,02 (modéré)
1988-1989AMJ 1988 → AMJ 198913−1,85NDJ 1988fort−1,95 (fort)
1984-1985SON 1984 → MJJ 19859−1,06NDJ 1984modéré−1,10 (modéré)
1983-1984SON 1983 → JFM 19845−0,96OND 1983faible−1,10 (modéré)
1974-1976SON 1974 → FMA 197618−1,58NDJ 1975fort−1,91 (fort)
1973-1974AMJ 1973 → MJJ 197414−2,04NDJ 1973très fort−1,91 (fort)
1970-1972JJA 1970 → DJF 197219−1,36JFM 1971modéré−1,00 (modéré)
1964-1965AMJ 1964 → DJF 19659−0,80SON 1964faible−0,66 (faible)
1955-1956FMA 1955 → MAM 195614−1,59OND 1955fort−1,40 (modéré)
1950-1951DJF 1950 → DJF 195113−1,32DJF 1950modéré−1,19 (modéré)

Les saisons sont notées par les initiales anglaises des trois mois : OND = octobre-novembre-décembre, DJF = décembre-janvier-février, etc. Comme El Niño, La Niña culmine le plus souvent entre octobre et février, ce qui explique les noms d'épisodes à cheval sur deux années.

Comment une année La Niña est repérée

La règle est le miroir de celle d'El Niño. On calcule chaque mois l'indice ONI, c'est-à-dire l'écart à la normale de la température de surface de la mer dans la région Niño 3.4, moyenné sur trois mois. Une saison compte comme froide à partir de −0,5 °C. Il faut au moins cinq saisons glissantes consécutives sous ce seuil pour parler d'un épisode.

L'intensité se lit sur la valeur la plus basse atteinte, selon un classement courant mais non officiel : faible entre −0,5 et −1,0 °C, modérée entre −1,0 et −1,5 °C, forte entre −1,5 et −2,0 °C, très forte à −2,0 °C et au-delà. Sur les 20 épisodes depuis 1950, l'ONI en classe 7 faibles, 6 modérés, 6 forts et un seul très fort, celui de 1973-1974.

Fréquence : La Niña revient par séries

Sur l'ONI, La Niña est aussi fréquente qu'El Niño : environ un quart des saisons depuis 1950 appartiennent à un épisode froid, un autre quart à un épisode chaud. La différence tient à la façon dont les épisodes se succèdent.

  • Des épisodes un peu plus longs : 11 saisons en moyenne, contre un peu moins de 10 pour El Niño. Le record appartient à 1998-2000, avec 24 saisons consécutives sous le seuil, de juin-juillet-août 1998 à mai-juin-juillet 2000.
  • Des retours rapprochés : à six reprises depuis 1950, deux ou trois hivers La Niña se sont enchaînés, séparés par deux à sept saisons à peine au-dessus du seuil : 1973-1976, 1983-1985, 1998-2001, 2007-2009, 2010-2012 et 2020-2023. La NOAA le résume ainsi : historiquement, les épisodes La Niña sur plusieurs années sont plus fréquents que les épisodes El Niño sur plusieurs années.
  • De longues pauses : aucune La Niña n'apparaît sur l'ONI entre le printemps 1956 et 1964, ni entre 1989 et 1995.

Autre constante : La Niña suit souvent de près un fort El Niño. Après le très fort El Niño de 1997-1998, l'ONI est passé sous −0,5 °C dès l'été 1998. Même scénario en 1973 après l'El Niño de 1972-1973, en 1983 après celui de 1982-1983, et en 2010 après celui de 2009-2010.

Les triples La Niña : 1973-1976, 1998-2001, 2020-2023

On parle de triple La Niña (« triple-dip » en anglais) quand les conditions froides couvrent trois hivers consécutifs de l'hémisphère Nord. La NOAA en recense trois depuis 1950. Sur l'ONI, chacune apparaît comme deux épisodes séparés par quelques saisons à peine sous le seuil, ce qui montre les limites d'un découpage purement arithmétique.

2020-2023, la première du XXIe siècle

Sur l'ONI, deux épisodes : août-septembre-octobre 2020 à mars-avril-mai 2021 (−1,11 °C au plus bas), puis août-septembre-octobre 2021 à décembre-janvier-février 2023 (−0,91 °C). Sur le RONI, qui retire le réchauffement général des tropiques, c'est un seul épisode de 35 saisons, d'avril-mai-juin 2020 à février-mars-avril 2023. La NOAA en a déclaré la fin le 9 mars 2023. En novembre 2022, l'Organisation météorologique mondiale le présentait comme la première triple La Niña du XXIe siècle et la troisième seulement depuis 1950.

Ses conséquences les plus documentées :

  • Corne de l'Afrique : cinq saisons des pluies déficitaires consécutives en Éthiopie, au Kenya et en Somalie, une situation inédite selon le réseau d'alerte FEWS NET. En novembre 2022, le bureau humanitaire de l'ONU (OCHA) estimait à 36,4 millions le nombre de personnes touchées par la sécheresse dans ces trois pays.
  • Est de l'Australie : inondations de février-mars 2022 dans le sud-est du Queensland et le nord-est de la Nouvelle-Galles du Sud. À Lismore, la rivière Wilsons a atteint environ 14,4 m, bien au-delà du record de 1954 (12,27 m). Le Bureau australien de météorologie note que, après deux ans de La Niña, ces pluies sont tombées sur des sols déjà saturés.
  • Argentine et Uruguay : sécheresse de 2022-2023, pour laquelle les chercheurs du réseau World Weather Attribution désignent La Niña comme facteur du déficit de pluie, la chaleur aggravant les impacts.
  • Atlantique nord : la saison cyclonique 2020 a battu le record de tempêtes nommées (30), et la NOAA cite La Niña parmi les facteurs de la saison 2021, elle aussi très active. Voyez le lien entre El Niño, La Niña et les ouragans.

1973-1976, la plus intense

La Niña de 1973-1974 est la seule à franchir −2,0 °C sur l'ONI (−2,04 °C en novembre-décembre-janvier 1973-1974). Elle a été suivie, après trois saisons proches de la neutralité, d'un second épisode fort de septembre-octobre-novembre 1974 à février-mars-avril 1976 (−1,58 °C). En Australie, les années 1973 et 1974 réunies ont longtemps détenu le record de la période de 24 mois la plus pluvieuse (1 407 mm en moyenne sur le pays, selon le Bureau australien de météorologie).

1998-2001, juste après le grand El Niño

La bascule a été brutale : l'ONI est passé de +2,22 °C en décembre-janvier-février 1998 à −0,63 °C en juin-juillet-août de la même année. La phase froide a ensuite duré, selon l'Organisation météorologique mondiale, du milieu de 1998 au début de 2001. L'ONI la découpe en un épisode fort de 24 saisons (−1,53 °C au plus bas) puis un épisode faible en 2000-2001.

Autres épisodes marquants

2010-2012 : la Niña des grandes inondations australiennes

Arrivée dès mai-juin-juillet 2010, juste après l'El Niño de 2009-2010, cette La Niña forte (−1,57 °C sur l'ONI en octobre-novembre-décembre 2010) s'est prolongée par un second épisode modéré en 2011-2012. Le Bureau australien de météorologie l'a qualifiée de l'une des plus fortes jamais observées. Le Queensland a connu son printemps 2010 et son mois de décembre les plus pluvieux, puis les grandes inondations de l'été austral 2010-2011 ; l'Australie a enregistré sur 2010-2011 ses 24 mois les plus humides (1 408 mm), battant de justesse 1973-1974.

Tant d'eau est restée stockée sur les continents, surtout en Australie et dans le nord de l'Amérique du Sud, que le niveau moyen des océans a baissé d'environ un demi-centimètre entre début 2010 et l'été 2011, d'après les satellites GRACE de la NASA. À l'inverse, la Corne de l'Afrique a subi deux saisons des pluies ratées, que la NOAA rattache à La Niña : l'ONU a déclaré la famine dans deux régions du sud de la Somalie le 20 juillet 2011. Le Texas a connu en 2011 la sécheresse la plus intense de ses relevés.

1988-1989 : forte et brève

Après l'El Niño de 1986-1988, l'ONI a chuté jusqu'à −1,85 °C en novembre-décembre-janvier 1988-1989 (−1,95 °C sur le RONI, record de La Niña sur cet indice, devant 1973-1974). La grande sécheresse de 1988 aux États-Unis a été associée par des chercheurs aux anomalies du Pacifique tropical de cette année-là, sans que La Niña en soit la seule cause.

2024-2025 et 2025-2026 : La Niña pour la NOAA, pas pour l'ONI

La NOAA a émis un avis La Niña pour l'hiver 2024-2025 (conditions apparues en décembre 2024, fin annoncée le 10 avril 2025), puis un autre pour l'hiver 2025-2026 (conditions apparues en septembre 2025, fin annoncée le 9 avril 2026). Pourtant, ces deux épisodes n'apparaissent pas dans le tableau ci-dessus : l'ONI est bien descendu sous −0,5 °C, mais pas cinq saisons d'affilée.

Sur le RONI, en revanche, ce sont deux épisodes modérés : juillet-août-septembre 2024 à mars-avril-mai 2025 (−1,10 °C), puis juillet-août-septembre 2025 à janvier-février-mars 2026 (−1,04 °C). L'écart vient du réchauffement de l'ensemble des océans tropicaux : il fait paraître le Pacifique moins froid sur l'ONI qu'il ne l'est par rapport à son environnement. Selon la NOAA, l'indice relatif colle mieux aux anomalies de pluie et de circulation observées ces dernières années, et c'est lui qui sert de référence depuis le 1er février 2026.

La dernière La Niña s'est achevée au printemps 2026, et le Pacifique a basculé en quelques mois vers un El Niño qui se renforce encore, à suivre sur le tableau de bord El Niño et La Niña.

Une année La Niña est-elle une année fraîche ?

À l'échelle du globe, un peu. La Niña fait remonter des eaux froides sur une grande surface du Pacifique et abaisse temporairement la température moyenne mondiale. Pour la triple La Niña de 2020-2023, l'Organisation météorologique mondiale a toutefois souligné que cet effet de refroidissement était limité et provisoire : ces années comptent malgré tout parmi les plus chaudes jamais mesurées. Le contraste est frappant avec les années qui suivent un El Niño, comme 2016 ou 2024, expliqué dans la relation entre El Niño et le réchauffement climatique.

Localement, les effets sont des tendances statistiques : plus de pluie en Australie orientale, en Indonésie et dans le nord de l'Amérique du Sud, plus de sécheresse dans la Corne de l'Afrique, le sud des États-Unis et le bassin du Río de la Plata. Pour la France et l'Europe, le lien est faible et discuté.

La Niña face aux grands El Niño

Aucun épisode La Niña n'a atteint l'amplitude des super El Niño : le plus froid de l'ONI (−2,04 °C) reste loin des +2,59 °C de l'épisode 2015-2016. Ce déséquilibre est une propriété connue du phénomène : les anomalies chaudes peuvent être bien plus fortes que les anomalies froides, tandis que les phases froides compensent par leur durée.

Questions fréquentes

Quelles sont les années La Niña depuis 1950 ?

D'après l'ONI de la NOAA : 1950-1951, 1955-1956, 1964-1965, 1970-1972, 1973-1974, 1974-1976, 1983-1984, 1984-1985, 1988-1989, 1995-1996, 1998-2000, 2000-2001, 2005-2006, 2007-2008, 2008-2009, 2010-2011, 2011-2012, 2017-2018, 2020-2021 et 2021-2023.

Qu'est-ce qu'une triple La Niña ?

Trois hivers consécutifs de l'hémisphère Nord en conditions La Niña. Depuis 1950, la NOAA en compte trois : 1973-1976, 1998-2001 et 2020-2023. L'Organisation météorologique mondiale a qualifié celle de 2020-2023 de première triple La Niña du XXIe siècle.

Quelle a été la plus forte La Niña ?

Sur l'ONI, celle de 1973-1974, avec −2,04 °C en novembre-décembre-janvier : c'est la seule La Niña « très forte » depuis 1950. Sur le RONI, c'est 1988-1989 qui arrive en tête (−1,95 °C), juste devant 1973-1974 (−1,91 °C).

La Niña dure-t-elle plus longtemps qu'El Niño ?

En moyenne oui : 11 saisons glissantes contre un peu moins de 10 pour El Niño sur l'ONI depuis 1950. Surtout, La Niña se répète plus souvent plusieurs hivers de suite, ce que la NOAA souligne aussi.

Y a-t-il eu La Niña en 2025 ?

Oui pour la NOAA, qui a émis des avis La Niña pour l'hiver 2024-2025 puis pour l'hiver 2025-2026, terminé en avril 2026. Ces deux épisodes, modérés sur le RONI, figurent dans la liste calculée sur cet indice, mais pas dans celle de l'ONI, faute de cinq saisons consécutives sous −0,5 °C.

Une année La Niña est-elle plus froide ?

À l'échelle du globe, La Niña refroidit un peu et temporairement la température moyenne, sans inverser le réchauffement. Localement, les effets dépendent des régions et de la saison ; en Europe, le signal est faible.

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Mis à jour le 12 octobre 2026